Interview de Céline F.
Laurent BETTONI est écrivain, scénariste, auteur, compositeur.
Pour répondre à plusieurs demandes de lecteurs, nous avons contacté cet artiste, et c'est très aimablement qu'il a accepté de répondre à nos questions.
Rencontres d'artistes : Bonjour Laurent, tu as été très étonné de notre sollicitation, pourquoi?
Laurent BETTONI : Je n'ai pas encore de site consacré à ma vie et à mon œuvre :-). Je ne savais pas qu'a travers des discussions sur le Net on parlait de mes livres et de mes chansons. Mais j'en suis très content.
RDA : Commençons par faire connaissance. Qui es-tu?
LB : J'ai 39 ans, je suis romancier et scénariste. Je compose et écrit aussi des chansons (paroles et musiques).
RDA : Qui chante tes textes ?
LB : J'en chante moi-même une bonnne partie, mais je suis également le parolier de Boklair, avec qui je travaille depuis 15 ans et qui vient de sortir un album. Pour écouter : blog.myspace.com/Boklair.
RDA : Tu nous parles de ton actualité ?
LB : Je termine mon nouveau roman, prévu pour janvier 2008 (au plus tard, j'espère). Et je poursuis l'écriture de mes contes musicaux pour la jeunesse, diffusés sur France Musiques dans l'émission Les Contes du jour et de la nuit. Mais j'ai pris beaucoup de retard dans tous mes projets, la vie me bousculant pas mal depuis plusieurs mois.
RDA : Les premiers romans n'obtiennent en général aucune promotion, les médias préférant ne prendre aucun risque (mais quel risque, au juste?) et se bornant à miser sur des valeurs qu'ils estiment sûres (merci les renvois d'ascenseur). As-tu, malgré tout, bénéficié d'un peu de presse pour Ma place au paradis, ton premier roman ? Et si oui, accepetrais-tu de faire un copier-coller d'un article?
LB : J'ai eu quelques articles, mais pas tous ceux que j'aurais dû avoir, certains sont passés à la trappe pour des raisons diverses. Idem pour la radio. Quant à la télé, effectivement, à moins d'être déjà connu, ce n'est même pas la peine d'y penser.
Voici un extrait du dernier article en date sur Ma place au paradis (article du Républicain magazine)
Un premier roman qui frappe fort
On dit déjà de lui qu'il fera partie des auteurs à succès de ces prochaines années.
Scientifique de formation, Laurent Bettoni décide un jour d'abandonner l'industrie pharmaceutique pour écrire cette histoire qu'il a dans la tête : celle de Ma place au paradis. Quelques mois plus tard, le manuscrit parvient entre les mains du regretté Laurent Bonelli, qui le présente aux éditions Robert Laffont. L'éditeur sait qu'il tient là une perle rare et signe un contrat avec le jeune auteur. Tout y est : le style, l'intrigue, les personnages, la construction.
Le lecteur ? Il plonge dans ce récit tête la première. Un adultère qui commence doucement : Alice s'ennuie, Quentin la séduit. Mais, au fil des pages, nous découvrons un amant schizophrène, portant en lui la blessure d'une enfance terrifiante et qui, peut-être, se venge. Alors on bascule dans un authentique roman noir où tout va crescendo selon une mécanique parfaite. Le lecteur, pris au piège, ne peut se détacher du livre… tout en se faisant son propre film. […] Sans jamais rien sacrifier au style, incroyable et déjà unique, Laurent Bettoni possède une écriture très cinématographique. Il sait privilégier l'image et l'action aux longs discours nombrilistes, tout en ayant le sens du récit et en sachant raconter une histoire captivante […].
RDA : Ta plume te nourrit-elle? Vis-tu de tes livres, de tes chansons ?
LB : Non, absolument pas. Afin de gagner ma vie, j'exerce plusieurs métiers : je suis correcteur pour diverses maisons d'édition, secrétaire de rédaction en presse magazine, et tuteur dans une école d'écriture où j'aide des gens à écrire leurs livres.
RDA : Ton rêve?
LB : Que mon prochain roman cartonne.
RDA : Ton coup de gueule?
LB : Eh bien, justement, cette absence totale de statut clair pour les auteurs. Par exemple, nous sommes parmi les seuls dans le monde de le culture, de l'art et du spectacle à n'être pas considérés comme intermittents, entre deux parutions de nos œuvres. Nous ne bénéficions d'aucune aide, d'aucun soutien financier. J'ai longtemps cru que c'était le prix de la liberté, de l'indépendance. Et je me réjouissais de ne rien devoir à personne. Mais avec le temps, je me suis vite rendu compte que c'était intenable. Quand tu es débiteur à la banque dès le début du mois, que tu ne sais pas comment régler tes factures ni nourrir ton gosse, je te défie de pondre un chef-d'œuvre. Tu n'as pas l'esprit à la création, dans ces conditions. Pour pouvoir manger et apporter à mon fils le minimum vital, j'ai accepté plein de boulots qui m'ont détourné de l'écriture. Bilan des courses : mon éditrice attend mon nouveau manuscrit depuis février, et elle ne l'aura pas avant juillet, tant j'ai pris du retard. Pour moi, ça signifie que mon roman sortira en janvier 2008 au lieu de septembre 2007. Or septembre est une bien meilleure période. Et en attendant, je ne touche pas mes à-valoir. Il faudrait que les pouvoirs politiques et les éditeurs réfléchissent sérieusement au problème des auteurs qui ne disposent pas d'une fortune personnelle leur permettant d'écrire sans avoir besoin de gagner leur vie. Ce qui doit représenter environ 99% des effectifs.
Bon, j'arrête là, mais j'aimerais susciter la réflexion et le débat à ce sujet. Qu'est-ce qu'une nation comme la France (le pays des Lumières, se vante-t-on si souvent), qui se prétend grande, est prête à faire pour préserver, développer et enrichir sa culture?
RDA : Il est vrai que le grand public n'a pas forcément toutes ce notions en tête et que cela porte à réfléchir… Après ton coup de gueule, quels sont tes coups de cœur du moment ?
LB : En littérature, Philippe Djian, Bret Easton Ellis, Jay McInerney. En musique, Boklair (pas seulement parce que j'écris pour lui, mais parce que ce qu'il fait n'a pas d'équivalent en France), Muse, Keane.
RDA : À lire :
Laurent Bettoni, Ma place au paradis. Éditions Robert Laffont, 18 Euros.
Pour commander :
Dans n'importe quelle librairie (et aussi Librairie d'Epinay-sur-Orge, 34, Grande-Rue, 91360 Épinay-sur-Orge. Tel. : 01.69.09.23.12).
Pour en savoir plus sur l'artiste :
N'hésitez pas à poser vos questions, nous contacterons Laurent Bettoni.