Le choix des libraires : Choix de Céline Fillot de la librairie LIBRAIRIE d'EPINAY-SUR-ORGE à EPINAY-SUR-ORGE, France - 25/06/2007
Sans nouvelle de l'homme qu'elle pensait être celui de sa vie, Anne, la narratrice décide de tout quitter, et d'aller rejoindre Gyl sur les bords du Baïkal.
Des rencontres faites dans le transsibérien, des paysages aperçus à la lenteur du train, qui la rapproche de ce qu'elle n'attendait pas.
Anne qui s'éloigne de Paris et se rapproche de Gyl, s'aperçoit que Clémence fait partie de ses pensées et qu'elle lui manque.
Va t'elle l'attendre ?
A t'elle vraiment compris qu'elle ne pouvait pas rester dans ses murs sans savoir pourquoi Gyl ne lui écrivait plus ?
Clémence, cette femme sur son canapé rouge ou toutes les deux savent le secret qui s'y trouve....
Excellent ouvrage.
Il ne serait pas étonnant que cet ouvrage obtienne un prix littéraire pour cette rentrée.
Les présentations des éditeurs : 13/06/2007
LE CANAPÉ ROUGE. Parce qu'elle était sans nouvelles de Gyl, qu'elle avait naguère aimé, la narratrice est partie sur ses traces. Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, Anne s'interroge sur cet homme qui, plutôt que de renoncer aux utopies auxquelles ils avaient cru, tente de construire sur les bords du Baïkal un nouveau monde idéal.
À la faveur des rencontres dans le train et sur les quais, des paysages qui défilent et aussi de ses lectures, elle laisse vagabonder ses pensées, qui la renvoient sans cesse à la vieille dame qu'elle a laissée à Paris. Clémence Barrot doit l'attendre sur son canapé rouge, au fond de l'appartement d'où elle ne sort plus guère. Elle brûle sans doute de connaître la suite des aventures d'Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, de Marion du Faouët qui, à la tête de sa troupe de brigands, redistribuait aux miséreux le fruit de ses rapines, et surtout de Milena Jesenská qui avait traversé la Moldau à la nage pour ne pas laisser attendre son amant. Autour du destin de ces femmes libres, courageuses et rebelles, dont Anne lisait la vie à l'ancienne modiste, une belle complicité s'est tissée, faite de confidences et de souvenirs partagés. À mesure que se poursuit le voyage, les retrouvailles avec Gyl perdent de leur importance. Arrivée à son village, Anne ne cherchera même pas à le rencontrer...
Dans le miroir que lui tend de son canapé rouge Clémence, l'éternelle amoureuse, elle a trouvé ce qui l'a entraînée si loin : les raisons de continuer, malgré les amours perdues, les révolutions ratées et le temps qui a passé.
Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un de ces textes dont les échos résonnent longtemps après que la lecture en est achevée.
MICHÈLE LESBRE vit à Paris. Son précédent roman, La Petite Trotteuse (Sabine Wespieser éditeur, 2005 et Folio, 2007) a consacré son talent d'écrivain.
Les courts extraits de livres : 13/06/2007
Sur un chemin de terre, un homme roulait une cigarette, debout, près d'un side-car vert, scarabée géant, compagnon de solitude. L'homme et sa machine, ensemble. De loin je reconnaissais tous les gestes, Gyl aussi roulait ses cigarettes. Il retenait la pincée de tabac au creux de la main, l'effritait du bout des doigts, la répartissait dans la pliure de la feuille, enfermait le tout après un léger coup de langue sur le bord du papier gommé. L'odeur de miel et de foin flottait, même si j'étais derrière la vitre du compartiment et l'homme à une dizaine de mètres. J'entendais presque le bruissement du tabac, j'imaginais les doigts agiles, le geste machinal, la tête ailleurs. Moment suspendu, rituel, intime. Il n'avait pas un regard pour le train qui reprenait de la vitesse et je pensais que c'était ça aussi le voyage, me réveiller quelque part en Sibérie, mais où ? Voir un homme se rouler une cigarette, le perdre de vue très vite, me souvenir de lui toujours.
Aujourd'hui encore, il m'arrive de penser à la brève apparition de cet inconnu surpris dans son intimité, à d'autres aussi qui de façon mystérieuse se sont installés dans ma mémoire, comme des témoins silencieux de mes errances.
C'était un moment de ma vie où la présence obsédante du monde, l'impuissance de tous les discours et celle de théories usées tourmentaient mes jours et mes nuits. Il me semblait n'avoir prise sur rien, le temps voulait m'engloutir, il m'engloutissait, du moins avais-je cette impression d'une lente et inexorable fin de tous nos espoirs. Je n'étais pas seule à percevoir cette insidieuse érosion des certitudes qui avaient emballé notre jeunesse, mais ce qui m'effrayait c'était le sentiment, que partageaient quelques-uns de mes amis, de ne rien pouvoir d'autre que de m'abîmer dans ce constat. J'avais lu dans un roman à propos de la mort des théories, On se demande jusqu'à quel point on les avait prises au sérieux. J'en voulais à l'auteur pour sa cruelle hypothèse. Ce monde rêvé, cette belle utopie : être soi, pleinement soi, mais aussi transformer la société tout entière, pouvaient-ils n'être qu'enfantillages ? Nous consolaient-ils seulement d'être les héritiers orphelins des dérives commises à l'Est et ailleurs, que certains de nos aînés avaient fait semblant d'ignorer ?
Le canapé rouge
17 Euros
Si vous souhaitez rencontrer l'auteur, elle fera une lecture rencontre à la librairie Le Comptoir des mots, 239, rue des Pyrénées, 75020 Paris, à 20h00 le vendredi 15 septembre. La rencontre se poursuivra autour d'un verre.